Sur l'illustration ci-contre, les proportions des formats les plus courants de pellicule ont été respectées. Les noms "35 mm", "16 mm", etc., correspondent à la largeur du film.

Perforation : permettant de faire avancer le film dans le projecteur ou la caméra à l’aide de roues dentées et/ou de griffes.
Support : sur lequel est déposé l’émulsion (en orange).
Émulsion : très fine couche chimique photosensible qui réagit à la lumière afin de "capturer" l'image.

Pour que la magie du Cinématographe opère, il faut respecter scrupuleusement deux phénomènes : l'effet phi et la persistance rétinienne.
· L’effet Phi. Lorsque plusieurs images distinctes défilent devant nos yeux, notre cerveau interprète cela comme une unique image mouvante. Il faut faire défiler au minimum quinze images par seconde devant nos yeux pour que ce phénomène ce produise.
· La persistance rétinienne. Nos yeux, aussi perfectionnés soient-ils, ont une rémanence d’environ 1/25ème de seconde. Cela veut dire que toute image vue par nos yeux, reste sur notre rétine durant 1/25ème de seconde.

En pratique, il faut deux appareils pour produire la magie du Cinématographe.
· Une caméra : une machine capable de "capturer" plus de 15 images par seconde, de manière stable et régulière.
· Un projecteur : une machine capable de projeter plus de 15 images par seconde, de manière stable et régulière

Les films projetés au cinéma sont cadencés à 24 images par seconde (sauf exception, comme la trilogie "The Hobbit" de Peter Jackson tournée à 48 i/s). Le cinéma amateur - celui qui nous intéresse à la cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain - adopte des cadences réduites comme 16 ou 18 images par seconde.

Sans rentrer dans les détails, deux pièces mécaniques sont essentielles dans les projecteurs et les caméras : la griffe et l’obturateur. La griffe, grâce à un système astucieux comme une croix de Malte, fait avancer par à-coups la pellicule. L’obturateur coupe le flux lumineux entre deux images, et multiplie artificiellement la cadence afin d’éviter tout phénomène de scintillement dans les parties lumineuses de l’image.

En résumé, une caméra est le croisement entre un appareil photo et une machine à coudre. Comme le dit l’Institut Lumière sur son site internet en parlant du Cinémathographe des frères Lumière : "c’est finalement un processus très similaire à celui de la machine à coudre, qui fait successivement avancer et s’immobiliser du tissu, le temps que le point soit réalisé."

Une image valant toujours mieux qu'un grand discours, la vidéo ci-dessous vous montre l'intérieur d'un projecteur 9,5 mm fonctionnant au ralentit. A gauche se situe la lampe du projecteur et à droite l'objectif du projecteur. La glissière verticale dans laquelle passe le film a été démontée pour les besoins de la prise de vue : les deux traits verts représentent le trajet du film.
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Pierre Bouchut

Pour aller plus loin, visitez ces pages des sites de l'Institut Lumière et de Wikipedia.

La projection et la prise de vue